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Musique

La suite...

J'ai déménagé sur blogger, avant que 20six ne s'effondre:

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Je laisse ce blog ouvert, il servira d'archives.
23.3.08 14:58


Nexus 6 - Chain Reaction / Nota Negra

 

Le blog Netlabels revue s’est assigné pour mission de partir à la poursuite des diamants (verts) de la jungle que constitue cette masse de labels virtuels, que tout un chacun peut créer pour héberger les compos de xylophone de sa cousine où les performances de son groupe enregistrées dans la cave de Mémé. Tout sarcasme mis à part, c’est aussi un moyen de promouvoir sa musique, et pourquoi pas de se faire repérer par un label, un vrai. Le tout en offrant gracieusement sa musique au peuple.
C’est donc en voguant sur ce blog que je tombe sur Nexus 6, duo madrilène composé des célèbres David Hurtado et Francisco Vilches. Dès l’écoute du titre « Beyond » introduisant ce mini-album, on devine le goûts des deux espagnols pour la fusion électro-metal, d’une force incomparable quand il s’agit de produire un son puissant, évocateur et futuriste. Sorte de bande originale pour film de SF entre Invasion Los Angeles et Mad Max, Chain Reaction mélange grosse guitares, piano mélancolique et touches électroniques, y apposant des samples renforçant l’atmosphère cinématographique ambiante. On devine aisément quelle piste correspondrait à quelle scène dans ce film imaginaire. La dernière piste, rappée en espagnol, serait un générique de fin idéal!
Nexus 6 (qui est d’ailleurs une référence à Blade Runner) est donc très réussi, original, symphonique, un peu échevelé et grandiloquent parfois, bref de la pure B.O pour science-fiction d’auteur apocalyptique…

Myspace de Nexus 6

2.3.08 17:10


Dälek - Abandoned Language / Ipecac records

 

Il y a des albums, comme ça, qui vous tombent sur le coin de la gueule sans qu'on s'y attende. Certains d'entre eux, vous les avez déjà écoutés, sans vous y attarder, et, un jour, vous le redécouvrez. Et là, un peu comme une personne réelle, vous vous rendez compte que votre première impression n'était pas la bonne. Vous apprenez donc à mieux le connaître. Plus le temps passe, plus vous l'appréciez... Abandoned Language ainsi.
Il est vrai que Dälek n'a pas l'habitude de nous livrer des oeuvres super accessibles ou accrocheuses. Le tout est de se laisser envoûter. J'aurais dû m'en douter, avant de passer à côté d'un des meilleurs albums hip hop de l'année 2007. Cette chronique arrive donc très en retard, mais comme mon souci de coller à l'actualité s'effondre progressivement au cours des semaines, à l'image de mon poids et de mon compte en banque, faisons fi de tout cela, vivons libérés de la contrainte, insouciants et libertins. C'est parti.
Plonger à de grandes profondeurs, dans le noir total, explorant des galeries sans âge, frôlés par des bêtes préhistoriques aveugles et disproportionnées, permet de se faire une bonne idée de ce que l'on peut ressentir à l'écoute d' Abandoned Language. Fidèle à lui-même, le MC déambule nonchalamment dans des univers oppressants, aux instrumentaux torturés mêlant beats étranges et sonorités acoustiques difformes. Pas de flow mitraillette ou de démonstration ici, Dälek prend son temps pour nous faire découvrir son monde. La visite elle-même se prolonge, s'étire plutôt, comme la sensation de fuite du temps que l'on peut éprouver au cours d'un rêve dérangeant; les morceaux font en moyenne plus de 5 minutes, avec une intro qui ne fait pas moins de 12 minutes... on sort clairement des formats classiques du rap, tout comme d'autres adeptes d'un hip hop mutant et sombre, tels que El-P ou Necro.
Dälek n'est pas un homme pressé. C'est un homme précis. En tant que grand horloger de sa musique, il plante méticuleusement, aux côtés de son producteur The Oktopus, un décor de théâtre puant la folie, un maelström grotesque mêlant cyberpunk gothique et ghetto démoniaque. Les instrumentaux sont la charpente de ce spectacle païen: samples de voix lointaines et métalliques, beats sourds, rythmiques syncopées, saxophones lancinants, violons hurlants et grinçants, évoquant un délire hallucinatoire entre Las Vegas Parano, Shining et Lost Highway.
Une des plus belles pistes, un instrumental de 5 minutes, exploite d'ailleurs à fond cette acoustique cauchemardesque qui ferait se retourner Stradivarius dans sa tombe. Son nom: Lynch...
Dälek le machiniste nous parle d'univers souterrains, oubliés, lestés du poids des millénaires. La musique y est comme la poussière qui danse dans l'air à travers un rayon de lumière acérée, que le MC y aurait fait pénétrer en martelant son flow lourd et puissant. Se tortillant derrière son épaule pour essayer en vain d'y voir clair comme lui, nous ne pouvons que l'écouter nous raconter ses visions, les histoires d'un monde perdu qui était peut-être autrefois aussi vivant et coloré que le nôtre. En tendant l'oreille pour entendre les échos surnaturels qui nous parviennent, tels des flashbacks sonores, c'est la bande son d'un avenir condamné qui nous frappe en plein coeur.

Myspace de Dälek

28.2.08 17:04


I am Robot and Proud – The Electricity in your House Wants to Sing / The Blue House





Rarement album aura aussi bien porté son nom. Car I am Robot and Proud, plus connu dans le monde réel sous le nom de Shaw-Han Liem, produit ici une sorte d’électropop aux penchants nerd domestiqués, qui semble tout droit sortie du répertoire d’une chorale de gentils robots mélomanes, chuintant à nos oreilles de douces mélodies, sorte de bande originale pour une hypothétique version «MDMA» du jeu The Sims.
L’utilisation d’instruments acoustiques tempère la relative froideur de ce genre de musique électronique, très dépouillée, atteignant ainsi la température idéale pour nos oreilles meurtries par une réalité musicale souvent bruyante et extrême. L’album file comme sur du velours, un peu vite même (il ne fait que 36 minutes), mais sa courte durée s’accorde plutôt bien avec la légèreté ambiante de cette friandise cyber-moelleuse.
Cette électro d’intérieur donne envie de se vautrer dans un énorme coussin, flottant en apesanteur au milieu d’un ancien silo à missiles cerné d’immenses baies vitrées ; le tout donnant sur un mystérieux paysage bucolique extra-terrestre ; le spot de pub idéal pour Air France en 2195.

Myspace de I am Robot and Proud

19.2.08 00:13


Jazz Liberatorz – Clin d’œil / Kif records

 

A l’ère de la déferlante fluo, des gloubi-boulga électro, du hip hop putassier en tête de gondole et du renouveau rock marketisé jusqu’au caleçon, c’est du côté de la paisible cité de Meaux que surgit une coquille de noix dans cet océan hexagonal houleux, parfois fascinant, plus souvent gerbant. Trois enfants meldois bercés par la black music, génération hip hop mutante plutôt old-school au milieu des autres dégénérescences citées plus haut, forment les Jazz Liberatorz, radeau de sauvetage de passionés, et sortent quelques maxis avant de se lancer dans la réalisation de cet album. Fièrement campé dans l’âge d’or du hip hop 90’s, plongé dans les racines du jazz, « Clin d’œil » est juste une belle proposition musicale, sans prétention, une bouffée épaisse et chaleureuse de boom-bap lancinant, dont les volutes cuivrées nous soulèvent à quelques centimètres au-dessus de notre siège. A son sommet une braise hip hop se charge d’alimenter le foyer, à grands coups de flammes qui fusent tranquillement, se déposant avec calme sur la surface d’un disque tout en rondeurs, confortable, jamais dans l’excès ou la démonstration, toujours sous le signe du plaisir, de la satisfaction indolente de se laisser entraîner dans ce circuit de boucles où s’ajustent tranquillement hip hop, jazz, funk et soul.

Myspace des Jazz Liberatorz

4.2.08 21:40


Naissance des pieuvres (B.O) - Para One / Institubes





Para One à la barre d’une bande originale, ça donnerait quoi selon vous ? Un tabassage en règles, une explosion de rythmiques effrénées ? C’est ce que vous croyez ? Ma foi, c’est bien légitime…
Mais surprise, le film en question, c’est « Naissance des pieuvres », premier film de Céline Sciamma, réflexion très sérieuse sur l’adolescence et l’homosexualité, prenant pour cadre principal une piscine.
Voici un pur disque d’ambient, genre auquel Para One ne nous a pas vraiment habitué. Et c’est dommage, au vu de la qualité de celui-ci. Profond et étrange, ce « Naissance des pieuvres » semble nous transporter dans une vaste piscine (on peut donc déjà dire que Para One a bien fait le boulot !), plongée dans le noir, où l’on se laisserait dériver en faisant la planche, porté par la masse imposante et fluide des synthétiseurs, ici omniprésents, seulement troublés par quelques clapotis électroniques, ou par l'exceptionnelle (et magnifique) envolée de violon de "Finale". Le reste du temps, les claviers nous enivrent de leur moiteur éthérée, on flotte paresseusement sur ces nappes sonores, bercés, heureux mais un peu confus.
Confus, car ce qui frappe à l’écoute de cette bande originale, c’est que, bien que rêveuses, les mélodies se font parfois plus pesantes, sourdes, inquiétantes, comme si un drame couvait. La moiteur se fait étouffante, la matière aqueuse qui nous porte devient presque oppressante, irréelle. Parfois notre perception semble s’altérer, comme lors d’une écoute en immersion. Mais, comme dans un rêve, nous n’avons d’autre choix que de suivre le mouvement, charmés.
16.1.08 18:13


The Fiery Furnaces - Widow City





Mon Dieu, un disque de rock. Ici. Pourquoi?
Et bien il faut dire que dix pages dans le Chronic'art d'octobre dernier, voilà qui ne fut pas sans attirer mon attention. C'est seulement quelques mois plus tard, vaguement curieux, que je me résolus à jeter une oreille sur Widow City, la « pierre angulaire » de Matthieu et Eleanor Friedberger, fratrie anonyme dont il s'agit là du sixième album. Le moins que l'on puisse dire c'est donc que je ne me suis pas jeté dessus, très frileux vis-à-vis de la planète rock contemporaine.
Mais seulement voilà comme disait Claude Piéplu (R.I.P), force est de constater que je me suis pris une bonne claque, en plein dans mes préjugés. Pas une révélation non plus, je vous rassure. Mais une bonne claque.
L'allure iconoclaste et déstructurée de « The Philadelphia Grand Jury» me séduit immédiatement. Déjà, voilà que le duo dévoile ses multiples visages, son art pour bâtir le désordre. Comme le placard de votre chambre d'enfant après un ménage fastidieux, Widow City vous dégringole sur la figure à chaque ouverture. Vous pouvez le prendre par n'importe quel bout, c'est toujours une cascade bruyante, incontrôlable et colorée de jouets et objets bizarres, de feuillets divers, dessins, poèmes ou textes farfelus; tout ceci dans une atmosphère de rêve sous psychotropes, plein de ruptures inattendues, labyrinthique et en même temps d'une implacable cohérence. Guitares et claviers se bousculent dans une foule d'arrangements kafkaiens, livrant une pop génétiquement modifiée, un « freak-rock », sans refrains et sans facilités, ayant toujours un coup d'avance.
Sur ce flot instrumental sans répit, glisse la voix d'Eleanor Friedberger, chantant, parlant, déclamant, se mouvant avec aisance dans ces marécages sonores. Le groupe cultive les paradoxes, se prenant lui-même à contre-pied, jouant sur une pop enjouée et efficace comme sur des fragments de musique expérimentale inaudibles, enchaînant oppression et invitation au voyage, boucles robotiques et mélodies charmantes, fulgurance et retenue, fer et velours.
L'album est d'une originalité certaine, foisonnante, et intelligente. Plus les écoutes se succèdent, plus j'adhère au son ardent des fours de Nabuchodonosor (« The Fiery Furnaces » est une référence biblique)! Pas à corps perdu certes, mais la musique de Matthieu et Eleanor brasse tant de petits mondes qu'il serait difficile de s'attacher à chacun d'eux à chaque moment. Et c'est peut-être ce qui fait le charme dans l'exploration de la Cité de la Veuve.
7.1.08 19:43


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